Bangui, le 2 Juin 2026 (RJDH)—Les habitants de Tissi-Fongoro, un village situé dans la zone dite des trois frontières entre la République centrafricaine, le Tchad et le Soudan, effectuent depuis le 11 mai des déplacements pendulaires vers les champs environnants par crainte pour leur sécurité. Cette situation fait suite à l’arrivée d’un grand nombre d’éléments armés dans la localité, selon le dernier rapport humanitaire d’OCHA.
Cette présence armée suscite de vives inquiétudes au sein de la population et risque de perturber les activités des organisations humanitaires opérant dans cette partie de la préfecture de la Vakaga, déjà confrontée à d’importants défis sécuritaires et humanitaires.
La situation intervient dans un contexte marqué par l’afflux continu de réfugiés soudanais en République centrafricaine depuis le déclenchement du conflit au Soudan en avril 2023. La majorité de ces personnes ont franchi la frontière par le poste d’Am-Dafock avant de rejoindre différentes localités de la Vakaga.
Au 30 avril 2026, plus de 43 000 personnes ayant fui les violences au Soudan avaient trouvé refuge en République centrafricaine. Parmi elles figurent plus de 36 000 réfugiés soudanais et près de 7 000 rapatriés réfugiés. Depuis août 2023, les autorités centrafricaines ont maintenu une politique d’accueil en accordant le statut de réfugié prima facie aux ressortissants soudanais.
La plupart des réfugiés, majoritairement des femmes et des enfants, sont installés dans le quartier Korsi à Birao. D’autres vivent dans des zones enclavées où l’accès aux services de base demeure limité en raison de l’insécurité persistante, des difficultés logistiques et du manque de financement humanitaire.
Selon les données humanitaires, la population réfugiée vivant à Birao représente désormais près du double de la population locale. Cette pression démographique supplémentaire pèse lourdement sur la Vakaga, considérée comme l’une des préfectures les plus vulnérables et les moins desservies de la République centrafricaine.
Face à cette situation, les acteurs humanitaires continuent de suivre l’évolution du contexte sécuritaire afin de maintenir l’assistance aux populations locales et aux réfugiés affectés.
Cyrille Renaldi Wegue Nidi /image d’illustration
