Bangui, le 14 mai 2026 (RJDH) — Dix ans après l’adoption de la loi instituant la parité entre les hommes et les femmes en République centrafricaine, les résultats restent largement en dessous des attentes. C’est ce qui ressort du bilan dressé ce mercredi 13 mai par l’Observatoire national de la parité entre les hommes et les femmes, lors d’une rencontre avec les professionnels des médias à Bangui.
Cette conférence avec les professionnels des médias a permis aux responsables de l’ONP de rappeler les engagements de la République centrafricaine en faveur de la promotion du genre et de l’autonomisation des femmes à travers plusieurs conventions internationales, notamment la CEDEF, ainsi que la Constitution du 30 août 2023 qui reconnaît l’égalité des droits entre les citoyens.
L’institution a également souligné que la loi n°16-004 du 24 novembre 2016, fixant un quota minimum de 35 % de femmes dans les instances de décision, demeure faiblement appliquée dans l’administration publique et les institutions de la République.
Selon les données collectées par l’ONP auprès des points focaux genre dans les ministères, la représentativité féminine reste inférieure au seuil légal dans plusieurs secteurs stratégiques. « L’évaluation de la représentativité des femmes dans la fonction publique centrafricaine fait ressortir un écart considérable dans l’accès aux postes de responsabilité », a indiqué la coordinatrice de l’Observatoire, Rita Féikéré.
Les statistiques présentées montrent que l’équipe gouvernementale ne compte que 19 % de femmes. Les postes de directrices de cabinet et de chargées de mission représentent respectivement 14 %, tandis que seulement 11 % des postes d’inspection centrale sont occupés par des femmes. Elles représentent également 14 % des postes de direction et 27 % des postes de chef de service.
L’ONP a aussi analysé la participation ainsi que la faible représentativité politique des femmes lors des élections groupées du 28 décembre 2025. Sur plus de 2,3 millions d’électeurs inscrits, les femmes représentent seulement 47,77 % des inscrits, contre 52,23 % pour les hommes.
Concernant les élections législatives, seules 85 candidatures féminines ont été validées sur un total de 671 candidatures. Après les différents tours de scrutin et les élections partielles du 26 avril 2026, seulement deux femmes ont été déclarées élues à titre provisoire.
Pour les élections régionales, 21 candidatures féminines ont été enregistrées sur 215 candidatures validées. Aux municipales, 68 femmes seulement figurent en tête de liste sur 434 listes validées.
Une triste réalité qui pousse aujourd’hui l’ONP à rappeler aux autorités et aux institutions publiques leurs engagements, afin de renforcer l’application effective de la loi sur la parité et garantir une meilleure représentativité des femmes dans les instances de décision du pays.
Léa Theresia Manivela Vele
