Bangui, le 18 mai 2026 (RJDH)—Les détenus de la maison d’arrêt de Ngaragba ont développé un véritable circuit commercial à l’intérieur des établissements pénitentiaires, au vu et au su de l’administration carcérale. Plusieurs Organisations de la société civile (OSC) dénoncent notamment la vente de stupéfiants dans ces lieux de détention.
Selon le document stratégique de démilitarisation des établissements pénitentiaires, des formations destinées aux détenus condamnés sont prévues afin de favoriser leur réinsertion sociale. Certains pensionnaires se sont ainsi orientés vers le commerce, la plomberie ou encore la culture maraîchère.
Mais des organisations de la société civile affirment que cette activité commerciale a progressivement pris une autre ampleur avec l’introduction de produits prohibés.
« Lors de notre visite de monitoring à la maison centrale de Ngaragba et de Berbérati, nous avons constaté que les prisonniers pratiquent le commerce. Curieusement, nous avons relevé la vente illicite de chanvre indien à l’intérieur de la maison d’arrêt », a indiqué Marie-Ange Yakité, secrétaire de la Plateforme de la société civile pour l’appui au système pénitentiaire.
Elle estime que cette situation représente un risque sécuritaire et sanitaire important. « Les prisonniers et certains agents pénitentiaires ont créé un circuit dangereux, car ces produits sont nocifs dans un tel environnement », a-t-elle déploré.
Dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays, des détenus se sont organisés pour vendre divers produits vivriers et non vivriers afin d’améliorer leurs conditions de vie. Toutefois, la présence de chanvre indien et d’alcool frelaté a également été signalée dans certains centres de détention.
Auguste Bati-Kalamet
