Bangui, le 15 mai 2026 (RJDH)— À Bangui, plusieurs centaines d’enfants vivent dans la rue. Certains sont abandonnés à leur triste sort et déploient chaque jour des initiatives pour survivre.
À 16 heures, lorsque nous nous sommes rendus devant le bar « Le 16ᵉ », dans le 5ᵉ arrondissement, juste en face d’une maison abandonnée, une dizaine d’enfants âgés de 10 à 18 ans étaient assis à même le sol. Ils discutent, observent… et surtout s’organisent pour tenir jusqu’au lendemain.
Malgré la précarité, pas question pour eux de céder. Petits boulots, débrouille et solidarité : tout est bon pour trouver de quoi manger.
Christ Omoka témoigne : « On lave souvent des voitures pour avoir de l’argent afin de subvenir à nos besoins. Parfois, quand on les lave bien, certaines personnes de bonne volonté nous donnent 500, voire 1 500 francs, et cela nous aide à trouver de quoi manger. »
Didier, âgé d’environ 11 ans, se lance dans des activités de lavage de véhicules ou de motos pour gagner quelques pièces. « On fait souvent des petits travaux et, en plus de cela, on lave des véhicules pour avoir de quoi manger, comme l’a dit notre frère. »
Parmi ces enfants, Christopher Dogbara est le délégué. Il indique que la survie passe par la multiplication des activités. Mais au-delà de la débrouille, il lance un cri d’alerte aux autorités : « La majorité de ces enfants ramasse des déchets de fer, certains sont des éboueurs et d’autres lavent des bouteilles en plastique pour payer de quoi manger. Je demande au gouvernement de nous venir en aide, afin de trouver des formations en mécanique, en menuiserie et en maçonnerie. »
Le 12 avril de chaque année, le monde célèbre la Journée internationale des enfants vivant dans la rue. Cette journée vise à faire reconnaître et défendre leurs droits.
Mais en République centrafricaine, de nombreux enfants continuent de vivre dans la rue, souvent par instinct de survie. Une situation qui les expose également à de nombreux problèmes sanitaires. Sans soins, sans protection et parfois… sans lendemain.
Staline Kimberline MAYERE
