BANGUI, le 18 Mai 2026(RJDH)—Les recompositions politiques consécutives à l’entrée en vigueur de la Constitution du 30 août 2023 continuent de redessiner les rapports de force au sommet de l’État. Parmi les figures politiques aujourd’hui fragilisées figurent Évariste Ngamana et Brice Kévin Kakpayen, pourtant considérés comme deux artisans majeurs de l’avènement de la 7ᵉ République.
Longtemps perçu comme l’un des hommes influents du régime, Évariste Ngamana a occupé une place centrale dans la promotion de la nouvelle Constitution. Directeur de campagne du référendum constitutionnel de 2023, puis porte-parole de la campagne présidentielle de décembre 2025 ayant conduit à la réélection du président Faustin-Archange Touadéra dès le premier tour, le député de Carnot semblait avoir consolidé une position stratégique au sein du pouvoir.
Lors de la précédente législature, son influence s’était au point de faire de lui un prétendant sérieux au bureau de l’Assemblée nationale. Selon certaines sources, ce choix aurait résulté d’instructions fermes du président de la République. Une décision interprétée par plusieurs observateurs comme une volonté de préserver les équilibres internes au sommet de l’État.
Dans plusieurs cercles politiques de Bangui, certains estimaient également qu’Évariste Ngamana pourrait être nommé à la primature. Finalement, le président Touadéra a porté son choix sur Félix Moloua, laissant planer des interrogations sur l’avenir politique immédiat de celui qui apparaissait jusque-là comme un pilier du système.
Le parcours récent de Brice Kévin Kakpayen semble suivre une trajectoire comparable. Ancien député de la première circonscription de M’Baïki, il s’était imposé comme l’un des défenseurs les plus actifs de la réforme constitutionnelle ayant conduit à l’abandon de la Constitution du 30 mars 2016. Très présent dans les médias et les débats publics avant le référendum, il avait acquis une forte visibilité politique.
Cependant, depuis plusieurs mois, l’ancien parlementaire paraît perdre progressivement de son influence au sein de la majorité présidentielle. Son échec aux primaires du Mouvement Cœurs Unis, puis sa défaite aux élections législatives dans sa circonscription de M’Baïki, ont alimenté les spéculations sur une possible mise en retrait politique.
Cette évolution suscite désormais des interrogations dans l’opinion publique. Le président Touadéra cherche-t-il à se distancer progressivement de certains des principaux promoteurs de la nouvelle Constitution ? Ou s’agit-il simplement d’un réaménagement stratégique des équilibres au sein de la majorité présidentielle ?
Pour l’heure, l’avenir politique des deux hommes reste incertain. Entre hypothèses de nominations gouvernementales et risque d’effacement progressif de la scène politique nationale, Évariste Ngamana et Brice Kévin Kakpayen apparaissent aujourd’hui comme deux figures des recompositions politiques en cours sous la 7ᵉ République.
Les prochains ajustements gouvernementaux pourraient permettre de savoir si ces anciens soutiens de premier plan conserveront une place au sein de l’appareil d’État ou s’ils rejoindront la liste des personnalités progressivement écartées des centres de décision.
Affaire à suivre
