Bangui, le 07 mai 2026 (RJDH)—-Le correspondant de RFI en Centrafrique, Rolph Domia Leu, a été interpellé ce jeudi 07 mai par les services du ministère de l’Intérieur avant d’être conduit à l’Office central de répression du banditisme (OCRB). Il a été libéré après une audition et la rédaction d’un procès-verbal qu’il n’a pas pu signer immédiatement, faute d’électricité. Comment s’est déroulé cette interpellation pilotée par le Ministre de la sécurité publique qui n’est pas à son premier forfait contre la liberté de la presse ? Le point dans cet article.
Selon les informations recueillies, le journaliste avait été invité par le responsable de la communication du ministère de l’Intérieur pour un droit de réponse voudrait faire.
Au département, le journaliste est reçu et introduit au bureau du Ministre où l’attendaient Nicaise Nassin, Ministre de la sécurité publique, visiblement en colère, son conseiller juridique plus calme et le Directeur de l’Office Centrafricain de Répression du Banditisme (OCRB) sous contrôle direct des alliés russes.
Dans les secondes qui ont suivi, ont commencé à pleuvoir des accusions de connivence avec le leader de l’opposition pour salir l’image des autorités et du pays, des menaces d’emprisonnement portées par le Ministre lui-même sous le regard calme du journaliste.
En réalité, c’est le manque d’information qui place ce Ministre dans son état. Rolf, dans un calme qui lui est reconnu, fait comprendre au membre du gouvernement que le papier diffusé était équilibré et faisait suite à une conférence de presse ce qui semble ignoré totalement Nazin visiblement mal renseigné par ses services.
Malgré ces explications, comme à ses habitudes, le Ministre resté figé sur ses positions er ordonne le transfert du journaliste à l’OCRB avec intention d’être mis aux arrêts.
De sources proches du département, entre le transfert du journaliste et son audition, des tractations entre plusieurs ministres ont permis de calmer les ardeurs du Ministre de la sécurité afin que Rolf soit entendu sur procès-verbal et libéré, un procès-verbal qu’il n’a pas pu signer parce que les services du Ministère manque d’électricité.
Le Ministre de la sécurité publique Nicaise Nassin n’est pas en son premier acte de répression contre les journalistes. L’année dernière, il avait physiquement agressé un journaliste et correspondant de France 24 dans l’exercice de son métier. Comme l’an dernier Nicaise Nassin s’en prend à la presse à la veille d’une rencontre entre le Chef de l’Etat et les journalistes à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse.
Judicaël Yongo
