Bangui, le 14 mai 2026 (RJDH)—L’élaboration d’outils de collecte et d’analyse de données destinés à évaluer l’impact des activités de promotion des droits de l’homme en milieu rural a été au centre d’une rencontre organisée par la division des droits de l’homme de MINUSCA, du 11 au 13 mai à Bangui.
Cette assise a réuni des organisations de la société civile (OSC), des représentants des minorités ainsi que des personnes vivant avec handicap identifiées dans plusieurs localités du pays.
Selon les participants, les violations des droits des minorités persistent aussi bien à Bangui qu’en province. L’absence d’un cadre juridique spécifique protégeant les personnes vivant avec albinisme a particulièrement motivé cette initiative de la division des droits de l’homme de la MINUSCA. La rencontre a impliqué deux consortiums : le consortium de détention et celui des minorités, regroupant notamment des personnes vivant avec albinisme, des personnes handicapées et des communautés peules.
La présidente de l’Association des personnes vivant avec albinisme, Huguette Yakonzi, a dénoncé la discrimination persistante dont sont victimes les albinos dans les milieux scolaire, institutionnel et socioculturel. Selon elle, cette situation freine leur développement socioéconomique et leur intégration dans les institutions publiques.
« Cette démarche concerne également d’autres minorités, notamment les Peulhs et les Aka », a-t-elle souligné.
Pour Paorosa Démossias, secrétaire générale de l’Association des albinos, cette rencontre avec la division des droits de l’homme de la MINUSCA constitue un appui important dans la lutte contre la discrimination et la stigmatisation en milieu scolaire, social, familial et institutionnel.
« Nous devons accepter notre condition, dépasser les préjugés négatifs et mettre en pratique les enseignements reçus afin de favoriser un changement de comportement », a-t-elle expliqué.
De son côté, la Plateforme de la société civile pour l’appui à la réforme du système pénitentiaire, représentée par son secrétaire général Armand Dounia, a rappelé son engagement à accompagner les associations dans l’élaboration de documents juridiques en faveur des personnes vivant avec albinisme.
« Nous avons le devoir d’appuyer cette catégorie de personnes afin qu’elle dispose de documents juridiques solides pouvant soutenir des plaidoyers auprès des partenaires techniques et financiers », a affirmé Armand Dounia.
À l’issue de cette rencontre, des missions de sensibilisation et de collecte de données seront organisées à l’intérieur du pays, notamment à Bouar et Bangassou, avec l’appui financier de la MINUSCA.
Auguste Bati-Kalamet
