Bangui, le 2 avril 2026 (RJDH) —Les préfectures de l’Ouham-Pendé et de la Lim-Pendé font face à une réduction inquiétante de la présence humanitaire, à la suite de la fermeture successive de plusieurs bases d’organisations non gouvernementales à la fin du mois de mars.
Le 31 mars, le Conseil danois pour les réfugiés (DRC) a officiellement fermé ses bases opérationnelles de Bocaranga et de Paoua, marquant la fin de son projet de protection. Ce programme visait notamment à renforcer la résilience des communautés et à prévenir les risques liés aux violations des droits humains affectant les populations vulnérables.
Dans la même dynamique, le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a également cessé ses activités à Bouar le 31 mars, après avoir déjà fermé son bureau de Bocaranga en février dernier. Ces retraits successifs réduisent considérablement la capacité d’intervention dans des secteurs clés comme la protection et l’éducation.
Ces deux organisations figuraient parmi les principaux acteurs humanitaires dans les préfectures de l’Ouham-Pendé, de la Lim-Pendé et de la Nana-Mambéré. Leur départ suscite des inquiétudes quant à la continuité des services essentiels pour les populations affectées.
Selon des sources humanitaires, cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large de désengagement progressif. Depuis 2025, plus de 120 bureaux appartenant à une soixantaine d’organisations humanitaires ont fermé à travers le pays, principalement en raison du manque de financements.
Près de la moitié de ces fermetures concernent les dix sous-préfectures les plus touchées par les besoins humanitaires, notamment en matière d’accès à l’eau potable, à la nourriture, à l’éducation et aux soins de santé.
Face à cette situation, les acteurs humanitaires alertent sur le risque d’une détérioration accrue des conditions de vie des populations, déjà fragilisées par les crises sécuritaires et économiques persistantes.
Cyrille Renaldi Wegue Nidi
Bocaranga
Centrafrique : trois personnes blessées et trois autres arrêtées à Ndjim, au nord du pays, par des éléments des FACA
NDJIM, le 21 mars 2026 (RJDH)—Trois personnes ont été grièvement blessées à Ndjim, dans le nord de la République centrafricaine, à la suite de tirs sporadiques attribués à des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA). Selon des sources concordantes, trois jeunes auraient également été arrêtés au cours de cette fusillade. Les faits se sont produits le vendredi 20 mars 2026, alors que la population s’était soulevée pour exprimer son mécontentement.
Au lendemain de ces incidents, soit ce samedi 21 mars 2026, la population de Ndjim s’est mobilisée pour protester contre les agissements des FACA. Lors de cette manifestation, trois jeunes ont été pourchassés par des forces, confie une source locale contactée par le RJDH.
Selon cette même source, « un élément des FACA, sous l’effet de l’alcool, a ouvert le feu sur un groupe de jeunes. Trois personnes ont été grièvement blessées et transférées dans la nuit à l’hôpital de Bocaranga pour y recevoir des soins ».
Elle précise en outre que, suite à cet incident, des éléments des FACA basés à Bocaranga, alertés de la situation, sont intervenus, « la population de Ndjim voulait organiser une marche ce matin pour manifester son mécontentement. C’est alors que les FACA sont intervenues et ont procédé à l’arrestation de trois jeunes, conduits à Bocaranga. Jusqu’à présent, nous sommes sans nouvelles d’eux et demandons aux autorités d’intervenir rapidement pour apaiser la situation », a-t-elle déclaré.
Selon plusieurs témoignages en provenance de la localité, la tension reste vive entre la population et les éléments des FACA.
Des barrières illégales auraient été érigées à Ndjim et à Ngaoundaye, sur les axes reliant la RCA au Tchad et au Cameroun, où des passants seraient contraints de payer des frais dits de formalités.
Auguste Batikalamet
Centrafrique : Une vague de violences entrave la libre circulation des biens et des personnes dans le nord du pays
BANGUI, 18 Mars 2026 (RJDH) —, Le droit à la libre circulation des personnes et des biens est fragilisé par la présence régulière des hommes armés assimilés aux peulhs et les éléments des 3R au nord du pays pendant cette période de transhumance. Plusieurs personnes ont été grièvement blessées, des cas de violences sexuelles ont été signalés, des champs ont été sabotés par les bétails.
L’information est confirmée au RJDH par les points focaux de la société civile formés à l’intérieur du pays qui remontent régulièrement les informations liées aux violations des droits de l’homme perpétrée par les éleveurs armés, les éléments des 3R éparpillés dans plusieurs régions au nord. Ces régions concernent entre autres, Nanga Boguila, les zones périphériques de la Sous-Préfecture de Paoua, Ngaoundaye et Bocaranga.
Les personnes les plus touchées sont les femmes, souvent victimes de violence sexuelle, les agriculteurs qui ont subi des coups et blessures volontaires, les jeunes victimes d’enlèvement par les malfrats qui sollicitent en retour de rançon avant toutes libération, des champs ravagés par les bétails.
Seulement, il est à déplorer qu’aucune victime ne s’est rapprochée des instances judiciaires pour se plaindre.
Auguse Bati-Kalamet
