Bangui, le 19 mai 2026 (RJDH)— Malgré l’existence de textes juridiques et de mécanismes de protection en République centrafricaine, de nombreuses femmes victimes de violences basées sur le genre (VBG) continuent de rencontrer d’importantes difficultés pour accéder à la justice. C’est le constat dressé par l’Action des Universitaires pour les Droits de l’Homme (AUDH) à l’issue d’une étude menée dans plusieurs localités du pays.
Dans une interview accordée au RJDH, le président exécutif de l’AUDH, Axel Batoka Zoubalet, a indiqué que cette étude met en lumière, différentes formes de violences subies par les femmes et les jeunes filles, aussi bien dans les foyers qu’en milieu scolaire et communautaire.
Selon les données présentées, une forme déguisée d’exploitation maritale a été signalée par 51 femmes au foyer, avec une situation particulièrement préoccupante à Mongoumba. L’étude révèle également que 48 étudiants sur 103 interrogés à l’Université de Bangui affirment avoir été victimes de harcèlement sexuel.
Les violences physiques au sein des ménages demeurent également fréquentes. L’enquête fait état de 38 cas d’agressions physiques contre des femmes dans les foyers, ainsi que de 23 témoignages de viols enregistrés dans les zones ciblées.
Par ailleurs, 13 cas d’agressions sexuelles contre des femmes ont été documentés à Baoro et à Mongoumba. L’organisation s’inquiète aussi de la persistance des mariages précoces et forcés dans la localité de Baoro, où 11 cas impliquant des filles âgées de 13 à 16 ans ont été recensés.
L’étude mentionne également cinq cas de viols commis contre des mineures Aka à Mongoumba, des actes attribués à des auteurs issus de la communauté bantoue.
Face à cette situation, l’AUDH appelle les autorités à renforcer l’application des lois existantes, à améliorer l’accompagnement judiciaire et psychologique des victimes, ainsi qu’à intensifier les campagnes de sensibilisation contre les violences basées sur le genre dans les communautés.
Majesté MADIAKOA
