Bangui, le 3 juillet 2026 (RJDH) —Le gouvernement centrafricain, en collaboration avec la Banque mondiale et les partenaires techniques et financiers, a procédé à une évaluation de la situation des finances publiques du pays lors d’un atelier organisé le jeudi 2 juillet à Bangui. Cette revue budgétaire de mi-année vise à identifier les réformes nécessaires pour améliorer la mobilisation des recettes intérieures, renforcer la gestion des dépenses publiques et réduire la dépendance du pays à l’aide extérieure.
Selon les données présentées au cours de l’atelier, les recettes intérieures de la République centrafricaine représentent moins de 10 % du produit intérieur brut (PIB), alors que les besoins minimaux de fonctionnement de l’État nécessitent au moins 12 % du PIB. Parallèlement, les appuis extérieurs couvrent encore 43,5 % des besoins de financement du pays, illustrant une forte dépendance envers les partenaires internationaux.
Pour Cheick Fanta Madi Kanté, directeur de division à la Banque mondiale, la République centrafricaine dispose pourtant d’importantes ressources capables de soutenir sa croissance économique.
«Les potentialités sont là, visibles et tangibles. Les mines, les forêts, les télécommunications et d’autres ressources considérables existent. Nous continuerons à accompagner le pays, mais ce niveau de dépendance n’est pas une stratégie, c’est une vulnérabilité. Un pays doté d’autant de richesses mérite mieux que cette situation », a-t-il déclaré.
Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Marc Mandaba, qui a présidé cette revue, a indiqué que cet exercice constitue une étape importante avant la présentation de la revue budgétaire à l’Assemblée nationale ainsi que la prochaine loi de finances rectificative.
« Il s’agit d’un exercice de transparence sur l’exécution du budget que nous présenterons à l’Assemblée nationale. La révision budgétaire attendue dans les prochains jours intégrera également les réformes engagées par le nouveau gouvernement », a-t-il expliqué.
Au terme des travaux, trois priorités ont été retenues : renforcer la mobilisation des recettes intérieures à travers une meilleure performance des administrations fiscale et douanière, accélérer la numérisation des systèmes de collecte des recettes publiques et veiller à ce que les secteurs minier, forestier et les autres secteurs à fort potentiel contribuent davantage à l’économie nationale.
Cette rencontre a réuni des membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des représentants de la communauté universitaire ainsi que des organisations de la société civile. Les participants ont identifié les principaux défis auxquels sont confrontées les finances publiques et formulé des recommandations destinées à améliorer la gouvernance budgétaire, la viabilité des finances publiques et l’efficacité de l’action de l’État.
Josiane Mirvola
