Bangui, le 27 juillet 2026 (RJDH)—-Les enfants vivant avec leurs mères dans les maisons d’arrêt en République centrafricaine sont confrontés à des conditions de vie préoccupantes, alors qu’ils ne sont pas eux-mêmes des détenus. C’est le constat dressé ce lundi 27 juillet par Avocats Sans Frontières (ASF), à l’issue d’un suivi réalisé dans plusieurs établissements pénitentiaires de Bangui et de l’intérieur du pays.
Selon ASF, la République centrafricaine ne dispose que d’une seule maison d’arrêt et de correction réservée aux femmes, située à Bimbo. Les visites de monitoring ont mis en évidence la surpopulation des cellules, l’absence d’espaces de jeux pour les enfants et le partage des repas entre les mineurs et les détenues adultes.
L’organisation estime que ces conditions exposent les enfants à des risques de malnutrition, de maladies et de retard de croissance, alors qu’ils devraient bénéficier d’une protection particulière. « Un enfant qui vit avec sa mère en prison n’est pas détenu. Il a droit à la protection, aux soins de santé, au développement et à un environnement adapté », rappelle ASF, en s’appuyant sur les dispositions des textes nationaux et internationaux relatifs aux droits de l’enfant.
Face à cette situation, Avocats Sans Frontières a réuni magistrats, avocats, policiers et gendarmes afin de réfléchir aux mesures susceptibles d’améliorer les conditions de vie des enfants vivant avec leurs mères en détention. Les échanges ont également porté sur la nécessité de mieux définir le statut de ces mineurs et de garantir le respect de leur intérêt supérieur.
Pour ASF, la privation de liberté d’une mère ne doit en aucun cas entraîner une privation des droits fondamentaux de son enfant. L’organisation appelle les autorités à renforcer les mécanismes de protection afin que ces enfants puissent grandir dans des conditions respectueuses de leur dignité.
Auguste Bati-kalamet
