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Accueil Société Centrafrique : la reprise de l’ex-SUCAF par SATA ravive les tensions autour d’une délocalisation à Ngakobo en échange de 18 tôles et de pointes

Centrafrique : la reprise de l’ex-SUCAF par SATA ravive les tensions autour d’une délocalisation à Ngakobo en échange de 18 tôles et de pointes

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Bangui, le 20 juillet 2026 (RJDH)—Les habitants du village Koshiotoulou, dans la localité de Ngakobo, dans la préfecture de la Ouaka, dénoncent le projet de leur délocalisation à environ 15 kilomètres de leur village d’origine. Ils affirment que cette mesure, liée à l’installation de la société libanaise SATA en remplacement de l’ancienne SUCAF, est assortie d’une proposition de compensation qu’ils jugent insuffisante.

Selon Mathias Pangorama, l’un des habitants, les populations locales occupaient les lieux bien avant l’installation de la SUCAF et n’avaient jamais connu de différend avec cette entreprise. « Nous sommes les autochtones de ce village. Nos parents étaient les premiers occupants avant même l’arrivée de la SUCAF. Avec cette société, nous n’avons jamais eu de problème. À notre grande surprise, la société SATA, accompagnée du préfet de la Ouaka et du président du tribunal de grande instance de Bambari, est venue nous annoncer notre délocalisation vers un site situé à 15 kilomètres, avec pour seule compensation 18 tôles et quelques kilos de pointes par ménage. Nous nous sommes sentis frustrés, comme si nous n’étions pas des Centrafricains ayant droit à notre terre », a-t-il déclaré.

Il rappelle également que les habitants avaient contribué à la protection de la SUCAF pendant les périodes de crise. « C’est nous qui avons sécurisé cette société durant les moments difficiles. Est-ce ainsi que l’on nous remercie ? Nous ne quitterons pas notre village, où se trouvent nos maisons, nos champs et les tombes de nos ancêtres », a-t-il ajouté.

Joint par le RJDH, le préfet de la Ouaka, Pascal Pamal, confirme l’existence du projet de délocalisation. Selon lui, l’installation de la société SATA résulte d’un accord conclu avec le gouvernement. « Il s’agit d’une entreprise libanaise autorisée par l’État à s’implanter sur le site de l’ancienne SUCAF. Compte tenu des activités prévues, il est nécessaire que les populations concernées soient relocalisées. Deux sites leur ont été proposés, dont un sur l’axe Kouango, à environ 15 kilomètres. La terre appartient à l’État, qui peut en disposer dans l’intérêt public », a-t-il expliqué.

Le préfet estime par ailleurs que certains habitants seraient influencés par des personnes opposées au projet. « Cette population est manipulée par un groupe de personnes dont je connais les noms. Cette délocalisation était envisagée depuis l’époque de la SUCAF. Ce n’est donc pas un dossier nouveau », a-t-il soutenu.

La SUCAF était implantée à Ngakobo depuis plusieurs décennies avant de cesser ses activités à la suite de la crise sécuritaire en République centrafricaine. La société SATA entend désormais reprendre les activités sur le site, un projet qui suscite de vives inquiétudes parmi les populations concernées.

Guy Florentin Outiama / image d’illustration

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