Bangui, le 20 juillet 2026 (RJDH)—Face aux difficultés d’accès aux outils de diagnostic en République centrafricaine, l’hôpital de district de Batangafo, dans le nord du pays, utilise désormais l’intelligence artificielle pour améliorer le dépistage de la tuberculose pulmonaire. Mis en place par Médecins Sans Frontières (MSF) en collaboration avec les autorités sanitaires, le système numérique CAD4TB permet d’accélérer l’identification des cas suspects et d’orienter rapidement les patients vers des examens de confirmation.
Selon le ministère de la Santé et de la Population et les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la tuberculose demeure un important problème de santé publique en République centrafricaine, avec une incidence estimée à 540 cas pour 100 000 habitants, soit environ 29 000 nouveaux cas par an. Dans la seule région de Batangafo, 203 cas ont été recensés en 2025.
Le dispositif CAD4TB analyse automatiquement les radiographies pulmonaires des patients âgés de plus de 15 ans présentant des signes évocateurs de la maladie, notamment une perte de poids, des sueurs nocturnes ou de la fièvre. Grâce à un algorithme d’intelligence artificielle, l’outil détecte des anomalies caractéristiques de la tuberculose et attribue un score de risque. Lorsque ce score dépasse 40, le patient est orienté vers un examen biologique de confirmation.
Pour le Dr Mouemba Dave King, responsable des activités médicales à l’hôpital de district de Batangafo, cette technologie constitue une aide précieuse, sans toutefois remplacer l’expertise médicale. Elle permet de renforcer l’interprétation des radiographies, notamment dans les structures où les spécialistes sont peu nombreux, tout en accélérant la prise en charge des malades afin de limiter la transmission de la maladie.
En 2025, 90 des 203 cas de tuberculose diagnostiqués à Batangafo ont été détectés grâce à cet outil basé sur l’intelligence artificielle. Cette expérience montre qu’il est possible de déployer des technologies médicales avancées dans des zones rurales isolées, où l’accès aux laboratoires spécialisés reste limité.
Les patients dont le diagnostic est confirmé reçoivent un traitement antibiotique de six mois, conformément au protocole national de prise en charge de la tuberculose. Pour les cas persistants, des examens complémentaires sont réalisés afin d’adapter le traitement.
La Rédaction
Source /Images : MSF
