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Accueil Justice Centrafrique : Deux enfants sur 38 détenus à la maison d’arrêt de Ngaragba condamnés par le Tribunal pour enfants

Centrafrique : Deux enfants sur 38 détenus à la maison d’arrêt de Ngaragba condamnés par le Tribunal pour enfants

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BANGUI, le 10 juillet 2026 (RJDH) — Sur les 38 enfants détenus à la maison d’arrêt de Ngaragba, seuls deux ont été jugés et condamnés par le Tribunal pour enfants de Bangui. La majorité demeure en détention provisoire dans des conditions jugées préoccupantes, en raison des dysfonctionnements de la chaîne pénale et du manque de magistrats spécialisés.

Ce constat a été présenté ce vendredi 10 juillet 2026 à Bangui par Avocats Sans Frontières (ASF), en collaboration avec des organisations de la société civile (OSC), à l’issue d’une mission de monitoring menée dans plusieurs établissements pénitentiaires.

Selon le rapport, les dysfonctionnements relevés compromettent le respect des droits des enfants privés de liberté. Les enquêteurs indiquent que, sur les 38 mineurs détenus, 22 sont inculpés, 14 sont prévenus et seulement deux ont été condamnés à des peines correctionnelles. Âgés de 11 à 17 ans, ces enfants vivent dans des conditions de détention particulièrement préoccupantes.

Au cours de cette mission, ASF et ses organisations partenaires ont relevé plusieurs insuffisances au sein de l’administration pénitentiaire. « La durée de la détention provisoire est excessivement longue. Il y a un manque d’assistance juridique. Les enfants sont mélangés aux adultes, ce qui les expose à des violences physiques et psychologiques. Les conditions de détention sont inadaptées et les programmes éducatifs ainsi que les dispositifs de réinsertion sociale demeurent insuffisants », a dénoncé Saint-Cyr Modompté, coordonnateur de programme à Avocats Sans Frontières.

Face à cette situation, ASF et les organisations de la société civile recommandent aux autorités judiciaires et à leurs partenaires de mettre en œuvre des mesures à court, moyen et longs termes afin de mieux protéger les enfants en conflit avec la loi. Elles préconisent notamment la régularisation des missions de monitoring, le renforcement des capacités des acteurs judiciaires, l’accélération du traitement des dossiers des mineurs, ainsi que l’amélioration des conditions de détention et de leur prise en charge.

Auguste Bati-Kalamet

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