BANGUI, le 26 juin 2026 (RJDH) — La Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR) traverse une crise financière qui compromet son fonctionnement. Selon plusieurs sources concordantes proches de l’institution, six mois de loyers restent impayés, faute de décaissement des fonds prévus dans la loi de finances 2026.
Créée en 2020 pour promouvoir la justice transitionnelle, établir la vérité sur les violations passées des droits humains et favoriser la réconciliation nationale, la CVJRR avait été dissoute en mai 2024 à la suite d’un décret dénonçant des dysfonctionnements dans sa gestion. Réinstallée en avril 2025, soit près de quatorze mois plus tard, elle peine toujours à retrouver son rythme de fonctionnement.
Des commissaires contactés par le RJDH affirment que l’institution n’a reçu aucun financement depuis plus de six mois, alors même que son budget annuel, fixé à 200 millions de francs CFA, est inscrit dans la loi de finances 2026.
« Nous avons respecté toutes les procédures administratives pour obtenir le décaissement des fonds. On nous explique que les retards sont liés à des difficultés de trésorerie », confie un commissaire sous couvert d’anonymat.
Cette situation affecte directement les activités de la Commission. Outre les six mois de loyers impayés, le personnel d’appui accuse également plusieurs mois d’arriérés de salaire, selon une autre source proche de l’institution.
Le budget de la CVJRR est inscrit dans la loi de finances 2026 sous la tutelle du ministère de l’Action humanitaire, de la Solidarité et de la Réconciliation nationale.
Il s’agit de la deuxième installation de cette institution, après une première mise en place en juillet 2021. Son mandat consiste à faire la lumière sur près de soixante années de crises et de violences en République centrafricaine, à favoriser la réparation des victimes et à contribuer à une réconciliation durable à travers les mécanismes de la justice transitionnelle.
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