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Centrafrique : « Nous passons d’une logique d’assistance humanitaire à une approche fondée sur l’inclusion et les solutions durables », déclare William Chemaly, Représentant du HCR à l’occasion de la journée mondiale des réfugiés

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BANGUI, le 20 Juin 2026(RJDH)—-La Journée mondiale des réfugiés célébrée le 20 juin, coïncide cette année avec le 75 anniversaire du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). A l’occasion, le Représentant du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour le Réfugié (UNHCR) en République centrafricaine, William Chemaly, a accordé une interview exclusive au RJDH au cours de laquelle, il évoque les perspectives de rapatriement des Centrafricains vivant à l’étranger et l’approche de développement privilégiée par l’agence onusienne.

RJDH : Cette année marque à la fois la Journée mondiale des réfugiés et le 75 anniversaire du HCR. Quel message adressez-vous aux réfugiés, aux autorités centrafricaines et aux communautés d’accueil ?

WILLIAM S. CHEMALY : Il y a 75 ans, les États du monde ont décidé que les personnes contraintes de fuir les guerres ou les persécutions devaient trouver protection et solidarité. Dans un contexte international où plusieurs pays privilégient leurs seuls intérêts, la générosité envers les plus vulnérables demeure remarquable.

La République centrafricaine fait preuve d’un exemple admirable. Malgré des moyens limités, le pays continue d’accueillir des réfugiés tout en exprimant sa reconnaissance envers les pays voisins qui hébergent des centaines de milliers de Centrafricains. Je tiens à saluer les communautés d’accueil, les autorités, le gouvernement et le Président de la République pour cette approche empreinte d’humanité.

RJDH : Quel bilan faites-vous aujourd’hui de la situation des réfugiés et des retournés en République centrafricaine ?

WILLIAM S. CHEMALY : La Centrafrique accueille actuellement plus de 60 000 réfugiés. Certains vivent dans le pays depuis plus d’une décennie, tandis qu’une grande partie est constituée de réfugiés soudanais arrivés depuis 2023.

Notre approche évolue progressivement. Nous passons d’une logique d’assistance humanitaire à une approche fondée sur l’inclusion et les solutions durables. Pour les réfugiés qui peuvent rentrer dans leur pays, notamment certains Congolais, nous travaillons avec la Commission nationale pour les réfugiés et les autorités congolaises afin d’organiser leur retour volontaire.

Pour ceux qui ne peuvent pas encore rentrer, comme les réfugiés soudanais installés à Birao, nous privilégions une approche de développement. À travers un plan de développement local, les investissements dans les écoles, les centres de santé, les routes ou les infrastructures bénéficieront à la fois aux populations centrafricaines et aux réfugiés. Une fois ces derniers repartis, les infrastructures resteront au profit des communautés locales.

RJDH : Qu’en est-il des réfugiés centrafricains vivant dans les pays voisins ?

WILLIAM S. CHEMALY : Près de 650 000 Centrafricains vivent encore comme réfugiés à l’étranger. Parmi eux, environ 300 000 souhaitent revenir, dont plus de 120 000 immédiatement.

Les retours peuvent être spontanés ou organisés avec l’appui des autorités des pays d’accueil et du gouvernement centrafricain. Une assistance est ensuite fournie pour faciliter leur réintégration.

Avec les ministères concernés, nous avons identifié 14 principales zones de retour. Notre objectif est d’en faire de véritables pôles de développement, grâce à des investissements dans les infrastructures, les moyens de subsistance et la cohésion sociale. Les personnes qui reviennent apportent également les compétences acquises à l’étranger et participent à la reconstruction du pays.

RJDH : Comment le HCR travaille-t-il pour préserver la cohésion sociale et prévenir les tensions dans les zones d’accueil ?

WILLIAM S. CHEMALY : Notre action dépasse largement la seule question du rapatriement. Nous accompagnons le gouvernement et les communautés dans la consolidation de la paix et la fermeture du cycle des violences.

Le retour des populations déplacées et réfugiées est un signe de stabilité. C’est aussi une opportunité pour stimuler le développement local. La République centrafricaine est engagée dans une dynamique positive, marquée par les réformes, les élections locales et une vision tournée vers le développement.

Les réfugiés présents dans le pays et les Centrafricains vivant encore à l’étranger peuvent tous contribuer à cette transformation. Investir dans leur retour et leur inclusion, c’est investir dans l’avenir du pays.

RJDH : Un dernier message ?

WILLIAM S. CHEMALY : Ce qui se passe en République centrafricaine est porteur d’espoir. Le pays transforme progressivement les conséquences de la crise en opportunités de développement. Chaque investissement réalisé dans le rapatriement des réfugiés et leur inclusion produira des effets positifs pour les années à venir.

Investir en Centrafrique, dans le retour des réfugiés et leur intégration, est non seulement juste, mais également intelligent et bénéfique pour l’avenir du pays.

Propos recueillis par Vivien de Capistran Nvalé, RJDH.

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