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Centrafrique : entre école et survie, des enfants travailleurs racontent leur quotidien

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Bangui, le 12 juin 2026 (RJDH) — « Carton rouge au travail des enfants : une enfance protégée, un travail décent pour les adultes ». C’est sous ce thème que la communauté internationale célèbre, ce 12 juin, la Journée mondiale contre le travail des enfants. En République centrafricaine, où la pauvreté pousse de nombreuses familles à dépendre des revenus de leurs enfants, la réalité demeure préoccupante dans plusieurs quartiers de Bangui.

Sous le soleil matinal du quartier Kaya, dans le 5e arrondissement de Bangui, des enfants sillonnent les rues avec des bassines remplies de marchandises. Parmi eux figure David, 8 ans, qui aide sa mère en vendant des sachets d’eau après les cours.

« Je vais à l’école le matin. Quand je rentre, je vends de l’eau pour aider ma maman. Parfois, je suis fatigué et je n’arrive pas à faire mes devoirs », raconte-t-il timidement.

Dans le quartier Fouh, situé dans le 8e arrondissement, Marie-Rose, 10 ans, passe une partie de ses journées à vendre des arachides au bord de la route. Malgré cette activité, elle nourrit l’ambition de devenir enseignante.

« J’aime l’école. Quand je serai grande, je veux apprendre aux enfants à lire. Mais souvent, je manque les cours lorsqu’il faut aller vendre au marché », explique-t-elle.

Même constat dans le quartier Yassimandji, où certains enfants exercent de petits métiers pour soutenir leurs familles. Assis devant une boutique, Idriss, 12 ans, transporte régulièrement des marchandises pour gagner quelques pièces.

« Je travaille pour acheter mes cahiers et aider mon père. J’aimerais avoir plus de temps pour jouer avec mes amis », confie-t-il.

Ces témoignages illustrent les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux enfants centrafricains. Selon les acteurs de la protection de l’enfance, le travail des mineurs résulte souvent de la précarité économique des ménages. Si certains parviennent à concilier études et activités génératrices de revenus, d’autres abandonnent progressivement leur scolarité.

Pour les organisations de défense des droits de l’enfant, le thème retenu cette année rappelle que la lutte contre le travail des enfants passe également par l’amélioration des conditions de vie des parents. Elles plaident pour la création d’emplois décents, un meilleur accès à l’éducation ainsi que le renforcement des mécanismes de protection sociale en faveur des familles vulnérables.

À l’occasion de cette journée mondiale, les autorités, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations humanitaires sont appelés à intensifier leurs actions afin que chaque enfant puisse grandir dans un environnement protecteur, accéder à l’éducation et profiter pleinement de son enfance.

Car derrière chaque enfant contraint de travailler se cache souvent un rêve d’avenir qui ne demande qu’à être préservé.

Léa Theresia Manivela

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