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Centrafrique : l’ITIE exige des réformes, le gouvernement passe à l’action

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Bangui, le 06 juin 2026 (RJDH) — Dans la perspective de la prochaine validation de la République centrafricaine au sein de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), un atelier réunissant les entités administratives impliquées dans le processus s’est tenu ce vendredi 5 juin à Bangui. Cette rencontre vise à accélérer la mise en œuvre des recommandations formulées dans les précédents rapports afin d’obtenir la levée de la suspension du pays.


L’activité a permis de faire le point sur les mesures correctives attendues des administrations concernées et d’évaluer leur niveau de mise en œuvre. L’objectif est de permettre à la République centrafricaine de satisfaire aux exigences de l’ITIE avant la prochaine validation prévue en 2028.


Selon Robert Moïdokona, coordonnateur national de l’ITIE-RCA, le pays travaille actuellement à corriger les insuffisances relevées lors de la dernière évaluation. « Depuis la validation de 2024, la République centrafricaine a été suspendue de l’ITIE. Aujourd’hui, nous mettons en œuvre les mesures correctives susceptibles de conduire à la levée de cette suspension. Les principales causes relevées sont la non-publication du contrat entre le gouvernement et la société Vidas, les préoccupations liées à l’espace d’expression de la société civile ainsi que l’absence de publication d’un accord de troc conclu contre des prestations. Nous travaillons à apporter des réponses concrètes à ces manquements afin de réussir la prochaine validation », a-t-il expliqué.

Le coordonnateur national a également indiqué qu’une quarantaine de recommandations avaient été formulées à l’endroit de plusieurs institutions publiques, notamment les ministères des Finances, des Mines et de l’Économie forestière.
« Lorsque ces recommandations seront pleinement mises en œuvre, nous pourrons raisonnablement espérer une levée de la suspension », a-t-il ajouté.

Pour Noël Kikos-Ngogbé, inspecteur principal des impôts et chef de service du contrôle, cet atelier a permis aux participants de mieux comprendre les enjeux liés au respect des normes de l’ITIE. « Si nous appliquons correctement les principes de l’ITIE, nous attirerons davantage d’investisseurs. Cela nécessite toutefois la production de données fiables et chiffrées, notamment dans les secteurs minier, forestier et pétrolier. À terme, c’est la population qui en bénéficiera », a-t-il souligné.

Il a toutefois déploré les difficultés persistantes dans le suivi de certaines entreprises opérant dans le pays. « Malgré l’existence de documents administratifs, le contrôle reste parfois insuffisant. Certaines populations vivant autour des zones d’exploitation ne bénéficient pas pleinement des retombées financières qui devraient revenir aux collectivités locales. Les autorités doivent renforcer les mécanismes de suivi afin que les ressources naturelles profitent davantage aux communautés concernées », a-t-il recommandé.

L’ITIE est une initiative internationale visant à promouvoir la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources naturelles. Elle encourage la publication des revenus issus des secteurs extractifs afin de prévenir la corruption et de garantir une utilisation des ressources dans l’intérêt des populations. Cet atelier est organisé avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Guy Florentin Outiama

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