Bangui, le 2 Aout 2026 (RJDH)—À PK24, sous le pont de la Mpoko sur l’axe Boali, de nombreux jeunes vivent de l’extraction artisanale du sable. Une activité pénible qui les expose à plusieurs risques sanitaires. Malgré les maladies et les difficultés liées à ce travail, ils n’ont souvent pas d’autre source de revenus.
Nous sommes sous le pont de la Mpoko, à PK24. Sur les berges du fleuve, des dizaines de jeunes s’activent, munis de pelles, de bidons et d’autres outils rudimentaires. Chaque jour, ils plongent dans l’eau et creusent le lit du fleuve pour en extraire du sable destiné à la construction. Emery, l’un des exploitants, explique leur méthode de travail : « Ce que nous faisons s’appelle le système sous-marin. Nous plongeons à une certaine profondeur pour extraire le sable. C’est un travail très difficile, mais nous sommes obligés de le faire. Parfois, nous attrapons le paludisme et il arrive même que du sang coule de notre nez. »
Pour Joël, cette activité représente l’unique moyen de subvenir à ses besoins. Malgré les difficultés et les risques, il affirme ne pas avoir d’autre choix : « Nous attrapons parfois le paludisme, mais nous n’avons pas le choix. Malgré ce travail pénible, il nous manque des outils comme des pelles et des brouettes. Nous demandons au gouvernement de nous fournir ces matériels. » a-t-il expliqué.
Mais ce travail n’est pas sans conséquences sur la santé. Exposés quotidiennement à l’eau, au soleil et à des efforts physiques intenses, plusieurs jeunes souffrent de divers problèmes de santé. C’est le cas de Prince, qui témoigne des difficultés auxquelles il est confronté, « Ce travail nous fait souffrir. Nous plongeons sous l’eau pour extraire le sable et nous tombons souvent malades, notamment du paludisme. Même l’accès aux médicaments est difficile. C’est vraiment déplorable », a renchérie Prince.
Malgré ces risques, les jeunes continuent d’exploiter le sable faute d’alternatives économiques. Pour eux, cette activité demeure le principal moyen de gagner leur vie et de soutenir leurs familles. Une situation qui interpelle sur la nécessité de sensibiliser davantage les communautés aux dangers liés à cette pratique, mais aussi de développer des opportunités d’emploi susceptibles d’offrir à ces jeunes un avenir plus sûr et plus durable.
Jospin Fernandez et Petho Sally
