Bangui, le 27 mai 2026 (RJDH) — Le ministre de la Santé et de la Population, Dr Pierre Somsé, a présidé lundi à Bangui une réunion d’urgence à la direction du COOPS avec les partenaires du secteur de la santé afin d’accélérer les préparatifs de la République centrafricaine face au risque d’importation du virus Ebola. Cette rencontre intervient alors que l’épidémie qui sévit en République démocratique du Congo a déjà causé près de 900 cas et 200 décès.
Au cours de cette réunion, le ministre a insisté sur la nécessité d’anticiper et de mobiliser rapidement les ressources afin d’éviter toute propagation de la maladie sur le territoire centrafricain.
Selon Dr Pierre Somse, cette première réunion stratégique vise à évaluer le niveau de préparation du pays, renforcer la planification et donner des orientations précises pour intensifier les actions préventives.
« Nous sommes dans une logique d’anticipation et de préparation. Il vaut mieux une très bonne préparation qu’une excellente réponse. Une bonne préparation représente déjà 80 % de la réponse », a-t-il déclaré.
Le membre du gouvernement a rappelé que le virus Ebola, notamment la souche Bundibugyo, est classé comme une épidémie de portée internationale. La République centrafricaine, considérée comme un pays à risque de niveau 1, doit ainsi renforcer ses dispositifs de surveillance et de prévention.
Le ministre a également exprimé ses inquiétudes face à l’évolution de la situation en RDC voisine, où les cas de contamination connaissent une progression jugée « exponentielle et fulgurante ». Il a souligné les liens étroits entre les populations des deux pays, notamment dans les zones frontalières, ce qui augmente les risques d’importation du virus.
Pour faire face à cette menace, plusieurs priorités ont été définies, notamment la sensibilisation des populations, la surveillance épidémiologique et le renforcement des capacités de prise en charge.
Les autorités sanitaires prévoient d’intensifier les campagnes d’information à travers tous les canaux disponibles, y compris les réseaux communautaires. Un dispositif de veille sanitaire est également en cours de mise en place afin de détecter rapidement tout cas suspect aux points d’entrée du pays.
Bangui figure parmi les zones prioritaires en raison de sa proximité avec la ville congolaise de Zongo et de l’importance des échanges quotidiens entre les deux rives du fleuve Oubangui. Les régions du sud-est, notamment Obo, Zémio et Mboki, considérées comme proches des zones touchées en RDC, font également l’objet d’une attention particulière.
Dr Pierre Somse a par ailleurs indiqué avoir sollicité l’appui logistique de la MINUSCA à travers des échanges avec la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies.
Concernant la prise en charge d’éventuels patients, l’hôpital PK24 de Bangui a déjà été évalué en vue des aménagements nécessaires pour accueillir des cas d’Ebola. Les structures sanitaires périphériques devront également revoir leurs circuits de prise en charge, former le personnel et renforcer les équipements de protection.
Parallèlement, le ministère de la Santé, avec l’appui de l’UNICEF, a organisé lundi à Bangui une session de formation destinée à 45 journalistes centrafricains. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des activités de prévention contre la maladie à virus Ebola qui touche actuellement la RDC et l’Ouganda.
Vivien de Capistran Nvalé
