samedi, 6 juin, 2026
Bouton Direct avec lecteur audio
Lecteur audio : Direct
Bouton Direct avec lecteur audio
Lecteur audio : Direct
Accueil Uncategorized Centrafrique : des motos gardées dans des postes de police contre 500 francs CFA par nuit pour éviter les braquages

Centrafrique : des motos gardées dans des postes de police contre 500 francs CFA par nuit pour éviter les braquages

0 commentaires 738 vues

Bangui, le 19 mai 2026 (RJDH)—Dans plusieurs postes et commissariats de police de Bangui, le gardiennage nocturne des motos devient progressivement une source de recettes informelles. Chaque nuit, des dizaines de conducteurs de moto-taxis y stationnent leurs engins pour échapper aux braquages devenus fréquents dans certains quartiers de la capitale. Selon plusieurs témoignages recueillis par le RJDH, un montant de 500 francs CFA est exigé au moment de récupérer chaque moto.

Face à l’insécurité persistante, de nombreux conducteurs préfèrent désormais déposer leurs motos dans les enceintes des services de police. Une pratique qui, selon eux, garantit une meilleure sécurité de leurs biens, mais qui représente également un coût quotidien.

Salomon, conducteur de moto-taxi au quartier Damala, explique : « Vu l’insécurité dans notre secteur, je suis obligé chaque nuit de déposer ma moto à l’antenne de l’OCRB. Le matin, avant de récupérer l’engin, nous payons 500 francs CFA. »

Même situation pour Loïc, conducteur au quartier Combattant. « Chaque matin, les policiers réclament 500 francs CFA pour le gardiennage. Ils disent que cela sert à acheter du café. Quand quelqu’un refuse de payer, cela devient compliqué pour récupérer la moto », affirme-t-il.

Selon plusieurs conducteurs interrogés, certains postes de police recevraient jusqu’à une quarantaine de motos par nuit. À raison de 500 francs CFA par engin, les recettes journalières pourraient atteindre 20 000 francs CFA. Sur une période de 30 jours, cela représenterait environ 600 000 francs CFA générés par un seul poste de police.

Interrogé par le RJDH, un officier de police responsable d’un poste de sécurité rejette toute accusation de perception obligatoire d’argent. « Notre mission est de protéger les personnes et leurs biens. Toute personne peut déposer gratuitement une moto ou un véhicule dans un poste de police. Dire que ce service est payant est faux », a-t-il déclaré.

Malgré ce démenti, plusieurs conducteurs affirment que le paiement est devenu une pratique quasi systématique dans certains postes et commissariats de la capitale.

Depuis la crise militaro-politique ayant fragilisé la sécurité dans plusieurs quartiers de Bangui, de nombreux conducteurs de moto-taxis considèrent les postes de police comme les endroits les plus sûrs pour protéger leurs motos pendant la nuit.

Guy Florentin Outiama / Image d’illustration

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00