Bangui, le 15 mai 2026 (RJDH)—Le manque de considération envers les chefs de quartiers et de villages préoccupe plusieurs autorités locales en République centrafricaine. Ces derniers dénoncent notamment les comportements de certains porteurs de tenue qui refusent parfois de reconnaître leur autorité.
Lors d’échanges organisés par le RJDH dans le cadre d’une émission consacrée à la gouvernance locale, plusieurs chefs de quartiers et de villages ont déploré les attitudes de certains militaires et autres hommes en uniforme qui les considèrent comme de simples civils sans autorité administrative.
Selon Balla Moustapha, chef du quartier Ngongono-6 dans le 8e arrondissement de Bangui, les difficultés apparaissent surtout lors des conflits sociaux impliquant des militaires.
« Dans mon quartier, lorsqu’il y a un différend entre un bailleur et un locataire militaire, ce dernier refuse souvent de répondre à nos convocations, affirmant qu’il ne peut pas s’expliquer devant un civil. Même dans des cas d’abandon de femmes et d’enfants, après une plainte, c’est toujours la même réaction », a-t-il regretté.
Il rappelle pourtant que les chefs de quartiers et de villages ont pour mission de jouer un rôle de médiation et constituent la première autorité administrative dans leurs juridictions respectives. Selon lui, cette attitude de certains militaires fragilise davantage leur autorité auprès des jeunes.
Face à cette situation, Balla Moustapha appelle le ministère de l’Administration du territoire à prendre des mesures de soutien.
« Nous sollicitons du ministère de l’Administration du territoire une note de service pouvant renforcer notre autorité dans ce genre de situation. Nous demandons également au ministère de la Défense nationale de prendre ses responsabilités face à ces brebis galeuses », a-t-il ajouté.
De son côté, un officier des Forces armées centrafricaines (FACA), ayant requis l’anonymat, estime que le manque de respect envers les chefs de quartiers et de villages est passible de sanctions disciplinaires. Selon lui, certains dérapages seraient liés aux critères de recrutement de certains éléments, qui manqueraient parfois de discipline et de formation civique.
En rappel, l’ordonnance de 1988 portant attribution des chefs de villages et de quartiers précise qu’ils sont élus, représentent le gouvernement dans leurs juridictions et assurent notamment un rôle de conciliation dans les affaires civiles.
Guy Florentin Outiama
