Bangui, le 10 mai 2026 (RJDH)—Les journalistes centrafricains font face à de nombreux défis qui fragilisent aujourd’hui la viabilité de la liberté de la presse dans le pays compliquant l’exercice du métier. Lors de la rencontre avec le Chef de l’Etat, le Président de l’Union des Journalistes a présenté ces défis dont l’essentiel a été botté en touche.
Un discours vrai et de vérité sur l’environnement dans lequel évolue la presse centrafricaine tenu devant le Chef de l’Etat lors de la 3ème édition du déjeuner de presse. Dans ce discours qui n’a pas visiblement plu à tous, le Président de l’UJCA soulève avec franchise et peut être un peu plus, pour ne pas plaire, des faits qui bloquent l’épanouissement des journalistes et fragilisent la viabilité de la liberté de la presse censée être protégée par le gouvernement.
La carte nationale de presse pour assainir le milieu, la maison de la presse pour rassembler et créer une dynamique d’ensemble, l’augmentation de la subvention de l’Etat pour accompagner la viabilité des médias, le réajustement de la subvention, l’amélioration des conditions de travail de la presse publique, attaques physique, pression, menaces, et intimidations contre la presse portées par des dignitaires du régime tels sont les faits relevés par le Président de l’UJCA à l’attention du Président de la République.
Très peu de ces questions existentielles pour la presse centrafricaine ont retenu l’attention du Chef de l’Etat qui a choisi de donner des réponses aux dossiers de la maison de la presse, de subvention et de carte de presse ignorant les autres desquels pourtant dépend la viabilité de la liberté de la presse.
« Ce n’est pas à l’Etat de construire la maison de la presse même si nous devons appuyer », telle est l’essentielle de la réponse du Chef de l’Etat sur la question de la maison de la presse. Depuis des années, les journalistes attendent l’Etat sur ce dossier mais la réponse du Président de la République est un appel à l’action. Ailleurs, la crédibilité de la plateforme des journalistes permet la construction de la maison de la presse, symbole de fraternité et d’indépendance.
« Nous allons travailler pour que les journalistes aient les cartes de presse », promet Faustin Archange Touadéra sous un faible applaudissement.
« La plus belle femme ne peut donner que ce qu’elle a », déclare le Président au sujet de la subvention de l’Etat qui annuellement est de 25 millions de Fcfa pour plus de 90 organes.
Si Faustin Archange Touadéra a donné des réponses sur ces questions, il a botté en touche plusieurs dossiers sur lesquels il était attendu. D’abord, sur l’amélioration des conditions de travail des journalistes du public qui non seulement évoluent dans un environnement de menace permanente mais travaillent dans des conditions inhumaines. Ensuite, sur le comportement attentatoire du Ministre de la sécurité publique contre des journalistes et la liberté de la presse. En 2024, il a agressé physiquement deux journalistes et cette année, il a tenté de mettre sous les verrous un autre. Silence présidentiel sur ce dossier.
Enfin, aucune réponse sur la fragilité du cadre juridique de la liberté de la presse en République Centrafricaine. Dans le classement de Reporter Sans Frontière, la RCA est à la 72ème places sur 180 pays.
RJDH
