Bangui, le 08 mai 2026 (RJDH) — Après plus de trois décennies d’inactivés, la ville de Ouango, située au sud-est de la République centrafricaine, a accueilli pour la première fois une audience foraine organisée par le Tribunal de grande instance de Bangassou, dans le Mbomou. Le procureur de la République près le parquet de Bangassou, Martinien Polycarpe Yangba, a confirmé que plusieurs dossiers ont été examinés du 1er au 3 avril 2026, dont certains ont été renvoyés.
Les activités judiciaires n’avaient plus été organisées dans cette localité depuis plus de trente ans en raison des défis sécuritaires, des contraintes logistiques et de l’absence de magistrats sur place. Afin de relancer les activités judiciaires et de rapprocher la justice des justiciables, le parquet de Bangassou a décidé d’organiser cette audience foraine.
Durant les années marquées par les conflits armés en Centrafrique, plusieurs infractions ont été enregistrées à Ouango, une ville située à 75 kilomètres de Bangassou et peuplée de plus de 50 000 habitants. Parmi les faits recensés figurent notamment « les coups et blessures volontaires, les violences basées sur le genre, les viols et les attentats à la pudeur », a énuméré Martinien Polycarpe Yangba dans une interview exclusive accordée au RJDH.
« Au total, cinq affaires ont été jugées au cours de cette mission judiciaire à Ouango », a-t-il confié, avant d’ajouter que « depuis plus de trois décennies, aucune audience n’avait été organisée ici. Avec cette première audience, la population estime que l’État de droit est en train d’être renforcé. C’est vraiment émotionnel. »
Une instance juridictionnelle a été créée à Ouango. En attendant le déploiement effectif des magistrats, le parquet de Bangassou, compétent territorialement, entend poursuivre les efforts pour relancer progressivement la chaîne pénale dans cette localité.
Auguste Bati-Kalamet
