Bangui, le 08 mai (RJDH) — Le Centre culturel Linga Téré a servi de cadre, ce jeudi, à une conférence de presse consacrée à la crise que traverse le secteur culturel en République centrafricaine. L’occasion pour un membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Yvon Kevin Eka Massibanga Matoulou, d’alerter sur les tensions internes dans le milieu artistique et le manque de prise en compte de la culture dans les débats politiques post-électoraux.
Face aux professionnels des médias, le conseiller a dénoncé les divisions qui minent le secteur artistique. « Tout ce remue-ménage n’honore pas le milieu et nous fait perdre toute crédibilité auprès de l’opinion », a-t-il martelé, appelant les artistes à mettre fin à la « guerre fratricide » afin de défendre des intérêts communs.
Selon lui, la culture centrafricaine souffre d’un manque structurel de soutien et d’une absence de vision politique claire. Pour y remédier, il propose une feuille de route urgente articulée autour de quatre axes principaux : l’opérationnalisation du BUCADA afin de permettre aux artistes de vivre de leurs droits ; la mise en place d’un statut de l’artiste garantissant une protection sociale et juridique ; l’augmentation d’un budget dédié à la culture pour financer la création plutôt que l’administration ; et enfin, l’intégration d’un projet de palais de la culture dans le Plan de développement du Grand Bangui.
Le conseiller estime que la culture est marginalisée dans les programmes politiques récents, ce qui témoigne, selon lui, d’un manque de considération pour ce secteur pourtant stratégique. « La politique en place oublie carrément la culture dans les programmes récents, ce qui fragilise le secteur artistique », a-t-il déploré, soulignant qu’aucun engagement fort n’a été pris par les candidats pour promouvoir la culture au niveau international.
Pour Yvon Kevin Eka Massibanga Matoulou, les artistes centrafricains représentent l’identité et l’âme du pays. Il appelle ainsi à une union des acteurs culturels afin de constituer une force de proposition solide face aux décideurs publics et de renforcer le rayonnement de la République centrafricaine sur la scène internationale.
Festus Junior Modomté
