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Centrafrique : l’adjoint au maire de Zémio arrêté puis transféré à Bangui, sa famille sans nouvelles

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Bangui, le 07 mai 2026 (RJDH)—Accusé de complicité avec la milice  du groupe d’autodéfense Azandé Ani Kpi Gbé, Zogonimbou Antoine, adjoint au maire de Zémio, arrêté il y a plus de deux semaines avec un autre homme nommé Mesac, a été transféré à Bangui, selon des sources locales contactées par le RJDH. Depuis ce transfert, ses proches affirment être sans nouvelles de lui et se disent très inquiets.

L’arrestation de cet élu local, âgé de plus de 60 ans, ainsi que celle du jeune Mesac, employé d’une ONG locale, remonte à deux semaines. Tous deux auraient été cités par un jeune impliqué dans le vol d’une moto et accusés de liens avec le mouvement d’autodéfense Azandé Ani Kpi Gbé, très actif dans cette région du sud-est du pays, où il défie régulièrement les forces gouvernementales et leurs alliés russes.

Selon des informations recueillies par le RJDH, l’adjoint au maire et Mesac se rendaient au centre de santé du village Banangui, situé à environ 50 kilomètres de Zémio sur l’axe Djema, afin d’y déposer des produits médicaux confiés par le responsable du centre de santé. C’est au cours de ce déplacement qu’ils auraient été arrêtés pour présumée connivence avec ce groupe armé.

Depuis plusieurs jours, les familles des deux hommes expriment leur inquiétude concernant leur situation. Elles affirment ne pas avoir retrouvé leurs traces dans les principales prisons de Bangui. Selon des sources locales contactées par le RJDH, les deux hommes auraient été dénoncés par un jeune impliqué dans une affaire de vol de moto, qui avait quitté la ville avant d’y réapparaître récemment. « L’inquiétude est réelle aujourd’hui parce que nous ne savons plus où ils sont. Peut-être allons-nous vers l’irréparable », confie une source proche de la famille.

Une autorité locale jointe par le RJDH confirme le transfert des deux hommes à Bangui. « Ils ont été indexés par un individu impliqué dans la chaîne de ravitaillement des groupes armés. Après leur arrestation par les forces de l’ordre, il m’a été indiqué qu’ils seraient transférés à Bangui pour les besoins de l’enquête. À leur arrivée, des vérifications ont permis de confirmer qu’ils se trouvent désormais dans les locaux de la SRI », a déclaré cette source.

Parallèlement, I-GWÉ, une organisation de la société civile, qui a donné l’alerte, indique avoir été saisie par les familles des détenus. Elle affirme avoir effectué des vérifications avant de porter l’affaire à la connaissance de l’opinion nationale et internationale. Un collectif d’avocats devrait être mis en place dans les prochains jours afin d’assurer le suivi judiciaire du dossier.

L’organisation rappelle que toute personne détenue bénéficie de droits fondamentaux, notamment le respect de la dignité humaine, le maintien des liens familiaux, l’accès à un avocat et l’interdiction de toute forme de torture.

Les familles, de leur côté, réclament des clarifications rapides sur la situation et le lieu exact de détention de leurs proches.

Selon plusieurs habitants de la région, cette arrestation risque également de fragiliser le processus de retour des déplacés internes dans cette partie du pays.

Vivien de Capistran Nvalé

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