mercredi, 20 mai, 2026
Bouton Direct avec lecteur audio
Lecteur audio : Direct
Bouton Direct avec lecteur audio
Lecteur audio : Direct
Accueil Justice Centrafrique : une justice présente aux Mbrès, sans infrastructures adéquates

Centrafrique : une justice présente aux Mbrès, sans infrastructures adéquates

0 commentaires 284 vues

Bangui, 5 mai 2026 (RJDH)—La sous-préfecture de Mbrès, dans le nord de la République centrafricaine, dispose désormais de personnel judiciaire. Toutefois, le fonctionnement de la justice y reste fortement entravé par l’absence d’infrastructures appropriées et de moyens matériels suffisants.

Sur place, les magistrats exercent dans des conditions précaires, sans siège officiel pour le tribunal ni salle d’audience conforme. Faute de locaux adaptés, les audiences se tiennent dans des espaces de fortune, notamment dans la salle de la Maison de la Femme.

Dans une interview accordée au RJDH, Dimitri Jean-Baptiste Donangue, président du tribunal de grande instance de Mbrès, décrit une situation particulièrement difficile. « J’assume à la fois la présidence du tribunal et la direction du parquet, faute de second procureur. C’est une charge importante, mais nous faisons avec les moyens du bord », explique-t-il.

Le magistrat souligne également les limites liées au manque de planification et à l’insuffisance des effectifs judiciaires. « Le nombre de magistrats ne permet pas de couvrir toutes les juridictions. Pour l’instant, je suis seul, mais des efforts sont en cours pour renforcer le personnel », ajoute-t-il.

Au-delà du déficit en ressources humaines, les difficultés matérielles constituent un frein majeur au bon fonctionnement de la justice dans cette localité. « Nous ne disposons pas de siège pour le tribunal. Nous travaillons dans les locaux de la sous-préfecture et empruntons d’autres salles pour les audiences. Les moyens logistiques et bureautiques font également défaut », précise le président du tribunal.

Malgré ces contraintes, les autorités judiciaires locales s’efforcent de maintenir le service public de la justice. « Nous tentons chaque jour de trouver des solutions pour pallier ces difficultés », conclut-il.

Il convient de rappeler qu’une situation similaire avait été signalée par le RJDH le 16 février 2026 concernant la maison d’arrêt de Boda, dans la préfecture de la Lobaye. À la suite de cette alerte, la MINUSCA avait réagi en finalisant les travaux de construction actuellement en cours.

Omer Mory Souagaza / Vivien de Capistran

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00