dimanche, 10 mai, 2026
Bouton Direct avec lecteur audio
Lecteur audio : Direct
Bouton Direct avec lecteur audio
Lecteur audio : Direct
Accueil Politique Centrafrique : Législatives à Bogangolo, sous tensions et accusations de fraude au second tour

Centrafrique : Législatives à Bogangolo, sous tensions et accusations de fraude au second tour

0 commentaires 443 vues

Bangui, le 5 mai 2026 (RJDH)—Le second tour des élections législatives dans la circonscription de Bogangolo s’est déroulé dans un climat particulièrement tendu, sur fond d’accusations d’irrégularités, d’intimidations et de violences.

Gervais Ngounounguéré, donné favori avant le scrutin mais finalement battu par son adversaire Pierre Selessoui, dénonce de nombreuses anomalies ayant, selon lui, entaché la transparence du vote. Des accusations que rejette catégoriquement son challenger, qui affirme que le processus électoral s’est déroulé normalement.

Alors que les populations attendent la proclamation officielle des résultats, les controverses persistent quant aux conditions dans lesquelles le scrutin s’est tenu.

Selon Gervais Ngounounguéré, plusieurs actes d’intimidation et de violences auraient été enregistrés. Il évoque notamment des menaces, des pressions sur les électeurs ainsi que des discours hostiles. Le président du démembrement local de l’Autorité nationale des élections (ANE), également visé par ces menaces, aurait été contraint de se réfugier auprès des forces de défense et de sécurité (FDS) avant de regagner Bangui au lendemain du vote. « Des militaires et des gendarmes venus de Bangui ont été mobilisés, certains allant jusqu’à tirer en l’air sous prétexte de chasser de mauvais esprits. Des villages ont été parcourus pour intimider les populations, et des menaces ont été proférées contre des autorités locales, dont le sous-préfet », a-t-il affirmé.

Le candidat malheureux fait également état d’un cas de violence survenu dans un village situé à 14 kilomètres de Bogangolo, où un de ses soutiens, un homme âgé, aurait été agressé et blessé à la tête.

Il accuse par ailleurs son adversaire d’avoir orchestré des actes de corruption électorale, notamment par la distribution d’argent à certains électeurs, avec la complicité présumée de responsables locaux.

De son côté, Pierre Selessoui réfute en bloc l’ensemble de ces accusations. Il affirme n’avoir exercé aucune pression et soutient que le scrutin s’est déroulé dans le respect des règles. « Je n’ai usé d’aucune pression. Nous nous sommes présentés devant les électeurs, et ils ont librement fait leur choix. Je suis originaire de cette localité, j’y ai grandi et j’y réside. Personne n’a été violenté. Je n’ai même pas de garde du corps », a-t-il déclaré.

Il indique par ailleurs avoir été sur la tombe de Adama Taboux, un des sages de la localité, le jour anniversaire de son décès et qui coïncidait à la période de la campagne électorale du second tour, mais qu’aucun coup de feu n’a été tiré.

Dans ce contexte tendu, plusieurs observateurs appellent à des enquêtes approfondies afin de faire toute la lumière sur ces allégations et préserver la crédibilité du processus électoral.

Cyrille Renaldi

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00