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Centrafrique : recul de la liberté de la presse en 2026, les médias sous pression croissante selon RSF

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Bangui, le 30 avril 2026 (RJDH)–La situation de la liberté de la presse en République centrafricaine s’est détériorée en 2026, selon les dernières données disponibles. Le pays recule à la 81e place sur 180, avec un score de 56,73, contre 72e en 2025 (60,15), soit une baisse de neuf rangs en un an.

Selon le rapport de Reporter Sans Frontière, cette dégradation s’explique principalement par le recul des indicateurs politique, légal et social. L’indicateur politique chute fortement, passant de 50,68 en 2025 à 43,85 en 2026. Les médias publics restent largement influencés par l’exécutif, tandis que des cas d’intimidation visant des organes indépendants continuent d’être signalés. Le régulateur des médias est également critiqué pour des sanctions jugées arbitraires.

Sur le plan légal, le score passe de 65,16 à 60,15. Bien qu’une loi sur la liberté de communication adoptée en 2020 soit considérée comme protectrice en théorie, son application demeure limitée. Des projets de textes renforçant le contrôle de l’État sur les médias, notamment autour de la pénalisation des délits de presse ou du statut d’« agent étranger », suscitent des inquiétudes au sein de la profession.

Rapport mentionne que le contexte social se dégrade également, avec un score en baisse de 67,30 à 63,10. La prolifération de rumeurs et de contenus de désinformation fragilise davantage un paysage médiatique déjà peu structuré. La radio demeure le principal canal d’information.

Sur le plan économique, RSF rapporte que la situation reste préoccupante malgré une légère amélioration avec un chiffre de 41,31 contre 40,79 en 2025. La précarité des journalistes persiste, beaucoup dépendant encore des per diem liés aux activités couvertes. Par ailleurs, l’influence de réseaux étrangers, notamment liés à la Russie, contribue à la diffusion de contenus de propagande et de fausses informations.

En matière de sécurité, l’indicateur connaît une légère amélioration, soit 75,26 contre 76,82 en 2025, bien que le contexte reste marqué par des menaces, des pressions et des cas d’arrestations arbitraires. Les journalistes travaillant sur des sujets sensibles ou critiques vis-à-vis du pouvoir sont particulièrement exposés, dans un climat d’impunité persistante.

Malgré l’absence de journalistes tués ou détenus depuis le début de l’année 2026, selon les données disponibles, les professionnels des médias continuent d’exercer dans un environnement jugé fragile et contraignant.

Rappelons que le classement 2026 de Reporters sans frontières révèle une dégradation historique de la liberté de la presse dans le monde. Pour la première fois, plus de la moitié des pays sont classés en situation « difficile » ou « très grave », avec un score moyen global au plus bas depuis 25 ans.

Cette tendance s’explique par un durcissement des lois, notamment au nom de la sécurité depuis les attentats du 11 septembre 2001, entraînant une criminalisation croissante du journalisme.

Enfin, la situation se détériore aussi dans les Amériques : les États-Unis reculent dans le classement, tandis que plusieurs pays d’Amérique latine sont confrontés à une montée de la violence et de la répression contre les médias.
La Rédaction

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