Bangui, le 28 avril 2026 (RJDH) — À travers le projet Solidarité Handicap Centrafrique, une initiative portée entre la France et la République centrafricaine, l’action humanitaire prend la forme d’un engagement global en faveur des personnes vulnérables. Basée à Pierrefitte-sur-Seine, en France, l’association déploie ses activités à Bangui avec une ambition claire, celle de redonner dignité, l’autonomie et l’espoir aux populations fragilisées.
Présentée comme « un pont de fraternité entre la Seine-Saint-Denis et Bangui », l’organisation place l’inclusion au cœur de son action. Elle cible les personnes en situation de handicap, les personnes âgées isolées, les veuves et les enfants vulnérables. « Notre moteur, c’est l’inclusion. Le handicap, la vieillesse ou l’isolement ne doivent pas être une condamnation, mais une étape à traverser ensemble », explique Jean Flaubert Ikoli, directeur de l’organisation, qui affirme agir entre la France et la Centrafrique, avec un ancrage opérationnel à Bangui.
Selon lui, la motivation est avant tout humaine et repose sur le refus de l’abandon des plus fragiles. « Ce qui nous révolte, c’est la double peine. Aucune fragilité ne doit être vécue dans l’isolement », insiste-t-il, estimant qu’il faut « recoudre le tissu social là où il est le plus abîmé ». Le directeur rappelle que la vulnérabilité prend plusieurs formes à savoir, les personnes handicapées, les seniors isolés, les veuves et les enfants de la rue. L’objectif est de replacer chaque individu au centre du lien social.
Au cœur du dispositif, la Maison des Premiers Soins (MPS) installée à Gobongo constitue le principal projet opérationnel. Sa cérémonie de lancement officiel est prévue ce 28 avril 2026. Le centre propose des soins de proximité, de la rééducation fonctionnelle, l’orientation des cas graves vers les structures hospitalières partenaires, ainsi que des activités de sport-santé et des causeries éducatives en collaboration avec le ministère de la Santé.
« Nous ne créons pas seulement un centre de soins, mais un refuge de dignité », souligne le directeur, affirmant que chaque bénéficiaire doit y être reconnu et accompagné. Au-delà du sanitaire, Solidarité Handicap Centrafrique développe des programmes d’autonomisation économique et d’inclusion sociale. Le programme Handi-entrepreneuriat vise la formation aux petits métiers et l’accès à des microcrédits pour renforcer l’autonomie financière. Le volet Handiécole s’intéresse à la scolarisation des enfants handicapés et des enfants de la rue, avec la conviction qu’« un enfant instruit devient un adulte libre », a expliqué le Directeur.
L’organisation défend également un modèle basé sur la responsabilité et la solidarité. Les soins à la Maison de Premiers Soins sont accessibles à tous mais payants, afin de valoriser le travail médical et éviter une logique d’assistance permanente. Les autres programmes reposent sur l’adhésion et la cotisation des membres. Le sport-santé est en revanche entièrement gratuit afin de permettre aux personnes âgées, aux personnes handicapées et aux personnes isolées de retrouver bien-être et confiance.
Rappelons que cette initiative s’inscrit dans une logique plus large de protection des droits fondamentaux en République centrafricaine, notamment le droit à la santé, à l’éducation et à la dignité des personnes vulnérables. Elle met en lumière les enjeux liés à l’inclusion sociale et à la lutte contre l’exclusion, considérés comme des piliers essentiels du respect des droits de l’homme dans le pays.
Cyrille Renaldi Wegue Nidi
