BANGUI, le 22 avril 2026(RJDH)—Dans son dernier rapport, Amnesty International dresse un constat préoccupant de la situation en République centrafricaine. Malgré des efforts de paix temporaires, le pays continue d’être marqué par des violences récurrentes, des atteintes graves aux droits humains et un affaiblissement des mécanismes de protection des populations civiles.
Selon l’Amnesty International, “les initiatives de dialogue entre les autorités et les groupes armés se poursuivent, mais sans résultats durables”, a indiqué le rapport dont le RJDH a eu copie. En mai 2025, environ 446 722 personnes déplacées ont été recensées à l’intérieur du pays, signe d’une insécurité persistante, a martelé l’Amnesty.
Le rapport met en cause à la fois les forces gouvernementales, leurs alliés et les groupes armés, peut-on lire dans le document. Amnesty International a dénoncé cette situation en s’appuyant sur un rapport de la MINUSCA, selon lequel un massacre survenu en janvier près de Mboki, dans le Haut-Mbomou, aurait fait au moins 12 morts parmi les civils, dont six enfants, à la suite d’une opération menée par des éléments affiliés aux milices Wagner et Azandé.
Des opérations militaires dans l’Ouham-Pendé, notamment à Yadé, auraient donné lieu à des arrestations arbitraires, des actes de torture et l’incendie d’habitations civiles.
Les groupes armés demeurent également responsables de nombreuses exactions. Le groupe 3R (Retour, réclamation et réhabilitation) est notamment cité pour des attaques meurtrières dans la région de Lim-Pendé, ayant causé la mort de civils et la destruction de centaines d’habitations. D’autres violences impliquant des milices locales ont été signalées autour de zones minières et de couloirs de transhumance, où enlèvements et extorsions sont fréquents.
Dans le sud-est, notamment à Mboki, Obo et Zémio, des groupes armés ont ciblé des communautés peules, causant la mort de femmes et d’enfants, ainsi que des enlèvements. Une attaque contre une patrouille de la MINUSCA a également coûté la vie à un casque bleu kenyan, illustrant la persistance des menaces contre les forces internationales.
Face à cette situation, Amnesty International appelle les autorités centrafricaines et la communauté internationale à renforcer la protection des civils, à lutter efficacement contre l’impunité et à garantir le respect des droits fondamentaux.
Judicaël Yongo
