Bangui, 21 avril (RJDH)— Jusqu’à présent, les arguments du ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, concernant la décision d’attribuer le baccalauréat à titre exceptionnel à certaines personnalités, n’ont pas suffi à convaincre une partie de l’opinion publique centrafricaine.
Dans un communiqué au ton particulièrement sévère, l’ancien ministre Adrien Poussou, actuellement en exile fustige cette mesure et annonce avoir officiellement saisi le président Faustin-Archange Touadéra afin de lui demander de le déchoir de sa nationalité centrafricaine. Adrien Poussou affirme que cette décision heurte sa conscience et qu’il refuse de partager la même nationalité que ceux qui l’ont prise.
«J’ai officiellement saisi M. Faustin-Archange Touadéra pour me retirer la nationalité centrafricaine », a écrit l’ancien ministre, qualifiant la décision de « forfaiture » et d’« acte de haute trahison ».
De son côté, Paul Crescent Beninga, porte-parole du Groupe de travail de la société civile, estime que cette situation pourrait entraîner une dévalorisation du baccalauréat centrafricain à l’étranger.
« Lorsque j’ai lu l’arrêté, j’ai également examiné les textes qui y sont visés (…) À la lecture de ces textes, il ne ressort pas qu’il existe un dispositif en la matière. La loi autorise plutôt le ministre à prendre des décisions correctives en cas d’omission des noms de candidats admis, lorsque leurs notes figurent bien dans la base de données mais ont été oubliées dans le procès-verbal », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « La valeur de notre baccalauréat pourrait être affectée sur la scène internationale ; l’accès à certaines universités pourrait être refusé aux étudiants centrafricains ».
Le ministre d’État à l’Éducation a justifié cet arrêté comme une mesure exceptionnelle, rappelant qu’une série de décisions similaires ont été prises entre 2013 et 2025. Cependant, des voix continuent de s’élever pour dénoncer une décision qu’elles jugent comme une forfaiture.
Miguel Elvis Voyemakoa
