Bangui, le 18 avril 2026 (RJDH)—Le Tribunal militaire permanent de Bangui a inscrit au rôle, du 10 au 17 avril, 23 dossiers impliquant 24 soldats et assimilés, poursuivis pour diverses infractions de droit commun et militaires.
À l’issue des audiences publiques marquées par des débats contradictoires, neuf (09) militaires ont été condamnés à des peines d’emprisonnement ferme, tandis que neuf autres ont écopé de peines assorties de sursis. Le tribunal a également prononcé cinq (05) relaxes et renvoyé neuf (09) dossiers à une prochaine session correctionnelle.
Les faits reprochés aux prévenus couvrent un large éventail d’infractions, notamment le vol, l’homicide involontaire, la dissipation d’armes de guerre, la complicité, le non-respect des consignes militaires, l’abandon de poste ainsi que des coups et blessures involontaires.
Parmi les cas jugés, celui d’un haut gradé de la gendarmerie, responsable de l’armurerie du camp Henri Izamo, a retenu l’attention. Ce dernier a été condamné à deux ans d’emprisonnement et à une amende de 200 000 FCFA pour la dissipation de 32 pistolets automatiques appartenant à l’École nationale de la gendarmerie. Le verdict a été prononcé par le magistrat Gervais Mokogba, président du tribunal militaire.
Lors de cette session, le commissaire du gouvernement a rappelé aux forces de défense et de sécurité l’impératif du respect strict des règles et de la discipline militaire. Il a souligné que les manquements aux consignes peuvent entraîner de graves conséquences pour la population, évoquant notamment des cas de bavures et de vols à main armée impliquant des hommes en uniforme.
« Certains militaires commettent même des homicides involontaires dans l’exercice de leurs fonctions, alors que leur mission première reste la protection des populations et la restauration de l’autorité de l’État », a-t-il insisté.
Le commissaire du gouvernement a, par ailleurs, invité la population à collaborer davantage avec les juridictions militaires en dénonçant les abus commis par certains éléments des forces de sécurité, incluant militaires, policiers, gendarmes, douaniers et sapeurs-pompiers.
Cette session illustre la volonté des autorités judiciaires militaires de renforcer la discipline au sein des forces armées et de lutter contre l’impunité en République centrafricaine.
Auguste Bati-Kalamet
