Bangui, le 31 mars 2026 (RJDH)—Le premier acte attendu du Président Touadéra après son investiture, est la nomination d’un Premier Ministre. Les plus en vus aujourd’hui sont essentiellement de l’entourage du nouveau chef de l’Etat.
Les yeux sont désormais rivés sur la primature sinon la personnalité qui sera chargée de l’occuper. Malgré la guerre silencieuse qui fait rage pour ce poste, il est probable que le mathématicien de Bangui ait déjà un nom dans son subconscient. Comme à son habitude, Faustin Archange Touadéra jouera sur le temps afin de surprendre l’opinion.
La nomination d’un Premier Ministre et la composition d’une équipe gouvernementale post-électorale se fondent généralement sur des critères peu objectifs, « ce sont pour l’essentiel souvent des nominations de récompense », confie un diplomate centrafricain aujourd’hui en retrait de la vie politique. Ce vieux routier considère que le Premier Ministre sortira de l’entourage immédiat du Chef de l’Etat ou de son réseau, « la nomination d’un Premier Ministre est la résultante d’un processus enclenché depuis deux ans avec le forcing assuré pour imposer la constitution, organiser le référendum et faire les élections. Ce sera une personnalité dont le nom aura marqué chacune des étapes ayant favorisé le maintien de Faustin au pouvoir. Dans ces conditions, on ne récompense pas n’importe qui », confie-t-il au RJDH.
Dans l’entourage du Chef de l’Etat, il y a plusieurs les noms de plusieurs personnalités qui circulent.
Evariste Ngamana, 1er vice-président de l’Assemblée Nationale depuis cinq années (véritable prouesse politique) et Président du Parlement de la CEMAC en 2024. Cet ancien prêtre a réussi ces dernières années à établir une solide proximité avec le Chef de l’Etat grâce à son engagement militant. Evariste Ngamana est l’un des principaux acteurs du changement de la constitution. Membre de l’équipe de réflexion et de rédaction, Directeur National de campagne pour le référendum, il apparait aujourd’hui comme le plus en vue pour remplacer Moloua à la Primature mais il reste une des cibles privilégiées des critiques du pouvoir et sa relation peu cordiale avec Simplice Mathieu Sarandji, proche des proches du Chef de l’Etat, peuvent le rattraper à la dernière seconde.
Obed Namsio, fidèle des fidèles. Comme a confié un proche parent de Touadéra, « Obed est celui qui écoute et suit tout venant du Chef. Il est l’homme d’ombre mais pour nous, c’est la fidélité incarnée ».
Le nom de ce magistrat circule depuis plusieurs années. Au moment des grimaces de l’ancien Président Bozizé, il apparaissait comme une carte pour calmer la région de l’ancien chef de l’Etat. De plus en plus, Touadéra utilise Obed pour gérer des affaires sensibles comme il l’a fait avec Firmin Ngrebada avant sa nomination à la primature en février 2019. Contrairement a Ngamana, Obed Namsio entretient des relations harmonieuses à la fois au sein du MCU, des comités de soutien que dans l’opposition. Le seul bémol pour ce commis de l’Etat est son effacement dans la lutte de la 7ème République, nous confie un militant du MCU, « il était là mais sans mener le combat avec visibilité comme l’ont fait les autres ».
Sani Yalo, un pion très controversé mais qui a réussi à gagner la confiance du Président de la République grâce à son réalisme financier. Il est l’un des principaux porteurs de la 7ème République. Cet opérateur économique s’est forgé un fragile statu d’un homme d’Etat en se faisant nommé ministre d’Etat, conseiller à la présidence dont le décret est introuvable pour nous. Par coup de billets de banque, elle s’est fait une notoriété dans le cercle du pouvoir. Son nom est cité mais il semble avoir très peu de chance surtout à cause de son implication présumée dans le coup d’Etat manqué en Guinée Equatoriale, un pays que Faustin Archange Touadéra frustrerait en le nommant Premier Ministre. Sani Yalo est un appui financier inédit du pouvoir mais son nom sème plus de controverses que de rassemblement.
Il y a des noms qui s’invitent à la liste des proches du Président de la République qui miroitent la primature. L’on citerait la Ministre des Affaires Etrangères, celui de la communication voire le maintien de l’actuel Premier Ministre.
Le Président Faustin Archange Touadéra pourrait aussi faire le choix de l’ouverture à l’aube de cette 7ème République dont la construction a été facilité par des volontés tous azimuts. Dans ces conditions, le cercle des premiers ministrables pourrait s’élargir aux ténors de comités de soutien, aux partis, plateformes et personnalités alliées.
Rédaction du RJDH
