Bangui, le 24 mars 2026 — La République centrafricaine franchit un cap majeur dans sa politique de désenclavement. Ce vendredi 20 mars 2026, le président Faustin-Archange Touadéra a présidé à Bangui la signature d’un contrat de partenariat public-privé pour la construction d’une autoroute stratégique reliant Bambouti à Sibut.
D’un coût estimé à 1 400 milliards de FCFA, ce projet d’envergure régionale, mené en partenariat avec le Soudan du Sud et l’Ouganda, ambitionne de transformer en profondeur les échanges économiques et la mobilité dans la sous-région.
Longue de 1 249 kilomètres, l’infrastructure traversera plusieurs zones clés du pays, notamment Obo, Zémio, Rafai, Bangassou, Kembé, Kongbo, Alindao, Bambari et Grimari. Un axe vital qui pourrait redessiner la carte économique nationale.
Pour le ministre des Travaux publics, Éric Rekosset Kamot, ce projet dépasse largement le cadre des infrastructures routières. « Il s’agit d’un levier de sécurité, de cohésion sociale et de développement durable », a-t-il affirmé, insistant sur son rôle dans la réduction de l’insécurité et le renforcement de l’autorité de l’État.
La réalisation de cette autoroute a été confiée à la société Al WASIT, basée à Kampala, en Ouganda. Elle assurera le financement et l’exécution des travaux, avec l’appui technique d’autres partenaires ayant contribué aux études de faisabilité.
Sur le plan économique et social, les attentes sont immenses. Ce projet devrait désenclaver des régions longtemps isolées, en particulier le Haut-Mbomou, faciliter l’accès aux services de base, créer des emplois pour les jeunes et dynamiser les échanges commerciaux avec les pays voisins.
Autre enjeu majeur : l’accès à la mer. En reliant la Centrafrique aux corridors régionaux via Juba et Kampala, cette autoroute pourrait offrir une nouvelle ouverture stratégique au commerce extérieur du pays.
Les autorités y voient également un outil de stabilisation. En facilitant la circulation des forces de défense et de sécurité, le projet pourrait contribuer à améliorer la situation sécuritaire dans plusieurs zones sensibles.
Au-delà de ses retombées économiques, cette infrastructure s’inscrit dans la vision du chef de l’État visant à sortir durablement la Centrafrique de son enclavement et à poser les bases d’un développement inclusif. Si les ambitions sont élevées, le défi sera désormais de taille à savoir, transformer cette promesse d’intégration régionale en réalité concrète pour les populations.
Cyrille Renaldi Wegue Nidi
