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Accueil Justice Centrafrique : l’absence d’avocats pour les détenus en province viole leurs droits

Centrafrique : l’absence d’avocats pour les détenus en province viole leurs droits

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BANGUI, 19 mars 2026 (RJDH) — La situation des détenus dans les villes de province lors des audiences est critique. C’est ce que confirme Claude Saint-Pierre Goubano, avocat au Barreau de Centrafrique, ce mercredi 18 mars à Bangui au RJDH. Selon lui, la comparution des accusés en l’absence d’avocats constitue une violation de la loi.

Claude Saint-Pierre Goubano précise que l’éthique professionnelle empêche un avocat de se constituer lui-même en conseil d’un accusé pour des questions de responsabilité. Cependant, lors des audiences publiques organisées dans les tribunaux de province, les accusés se retrouvent souvent seuls à la barre, sans la présence d’un avocat commis d’office ni d’un avocat choisi par le détenu. Cela constitue une violation des droits de la défense.

Dans une interview accordée au RJDH ce mercredi 18 mars, l’avocat a déclaré que les avocats exercent librement, sans appui financier du gouvernement :

« Dans un premier temps, nous travaillons de manière libérale. Lors des audiences correctionnelles, c’est le détenu qui doit constituer sa défense moyennant une somme d’argent. Sans cette possibilité, aucun avocat ne peut se constituer lui-même conseil, pour éviter tout dérapage involontaire de l’accusé. »

Il ajoute que la responsabilité de l’avocat est engagée si le procès tourne mal :

« L’accusé peut poursuivre l’avocat qui s’est porté volontaire pour assurer sa défense. En revanche, lors d’une session criminelle, il est obligatoire que des avocats soient commis d’office par le président de la Cour criminelle pour défendre la cause des accusés. Dans ce cas, le conseil est couvert par la loi. »

L’absence d’avocats auprès des accusés dans les tribunaux de province constitue une violation de la loi. Une interpellation a été lancée auprès des organisations de défense des droits de l’homme et des partenaires du système judiciaire pour plaider en faveur du déploiement et de la prise en charge des avocats dans les tribunaux provinciaux.

Auguste Bati-Kalamet

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