Bangui, 18 mars 2026 (RJDH) — Dans une interview exclusive accordée au RJDH, la coordonnatrice de l’observatoire national de la parité, Rita Feïkeré, s’indigne contre la faible représentativité des femmes. Une réaction de l’observatoire qui accuse le manque d’applicabilité des lois. Pour l’organisation, au-delà des textes et lois établis sur le plan national en matière de protection de la femme, la réalité est différente dans la pratique.
D’entrée de jeu, Madame Rita Feikéré accuse le retard dans la mise en place de l’observatoire huit années plus tard, depuis son introduction en 2016, alors qu’elle arrive à expiration d’ici à novembre 2026, puisqu’elle totalisera 10 ans.
Il faut aussi relever des défis énormes dans la mise en œuvre de cette loi de la parité. A en croire la coordonnatrice, « plusieurs difficultés entrent en ligne de compte constituant ainsi un frein à la représentativité de ces femmes, soit dans des départements, soit à l’assemblée nationale », explique-t-elle avant de souligner qu’au sujet du faible taux de réussite des femmes aux législatives, après des échanges avec les femmes candidates, il ressort que beaucoup se sont plains devant les juridictions, cependant elles n’ont pas eu gain de cause, c’est ce qui a conduit au résultat actuel.
« Nos équipes de veille mises en place dans les institutions et départements ministériels ont pour objectif de rappeler et pousser les responsables à nommer des femmes, même à des postes de décision ; cela fait partie des recommandations formulées par l’observatoire de la parité », a-t-elle poursuivi.
Enfin, elle estime qu’il faut poursuivre la lutte en faveur de la femme centrafricaine pour comprendre les lois et le fonctionnement des juridictions. Pour la coordonnatrice, à l’instar de la loi qui accorde la dérogation aux partis politiques n’ayant pas le nombre requis de femmes, il est important de durcir la loi.
Il est à retenir que selon la coordonnatrice, le plus grand défi reste la méconnaissance des textes et des lois par les femmes centrafricaines. La vulgarisation de la loi, ainsi que de l’observatoire de la parité sur l’ensemble du territoire, ce qui nécessite des moyens adéquats, pour une lutte continue.
Christelle GAZAMBETI
